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Quand On Essaye D Arreter De Se

J'avais déjà arrêté de fumer à deux reprises. La première fois (8 mois), c'était à cause d'un ex qui avait le toupet de fumer les mêmes cigarettes que moi et dont le souvenir me revenait en pleine poire chaque fois que je voulais me griller une Lucky. La deuxième (3 ans), c'était pour un autre homme, non fumeur et fan de bio cette fois, et pour qui j'avais pris cette décision  par amour. Du coup, quand il m'a larguée par sms (!!!), j'ai eu une réaction super intelligente : "Tiens ! Je vais fumer à fond pour me venger de lui !!! Gniaaa!" (eh oui, on fait des trucs débiles qui on a le coeur en charpie...).

Mais cet été, le 24 août 2014, aux alentours de 13 heures très exactement, après avoir dévoré au soleil une bonne paella à un resto de Capbreton, j'ai écrasé ce qui restera dans mon esprit comme ma dernière cigarette. Et cette fois j'en suis certaine. Car ce jour-là j'ai arrêté pour la seule et bonne raison : moi.

Un à deux paquets par jour

"Arrête de dire tout le temps que c'est pas le moment pour toi d'arrêter ! Ça ne sera jamais le bon moment ! Donc finies les excuses". Voici l'insupportable refrain culpabilisant que j'entendais à chaque fois où j'avais "l'outrecuidance" de parler à des non-fumeurs en croisade contre le tabac de mes poumons qui s'étaient transformés en cendrier, après une grosse soirée ou un coup de stress.

Car après avoir repris la cigarette, il y a 3 ans, je fumais l'équivalent d'un paquet par jour. Comptez un paquet supplémentaire quand je sortais le soir. Ce qui fait (très) mal aux bronches et au porte-feuilles.

Pour limiter les coûts, j'étais même passée aux roulées, en mode hippie. Puis, quand je me suis mise à cracher mes bronches comme les vieux au PMU en bas de chez moi, je me suis dit que là, c'était la même chose que prendre chaque jour un cachet de poison.

Je voulais arrêter mais sans le vouloir. Ou plutôt je savais qu'il valait mieux que j'arrête mais je n'en avais pas la volonté. Pourquoi ? Parce que j'avais besoin de la cigarette...et pas seulement pour les produits additifs qu'elle contient.

Le déclic

Mon ex-largueur-par-sms-et-ô-combien-brave a au moins eu un impact positif dans ma vie : depuis la rupture, j'ai envie d'être heureuse, vraiment. De faire exploser tout ce qui pourrait être un sérieux frein à mon bonheur, que ce soit dans ma vie ou dans ma tête.

Or, en réfléchissant vaguement à mon rapport avec la cigarette, en me brossant les dents, en allant au boulot ou en prenant une taffe sur mon canap', je suis rendue compte que le matin, je fumais pour me motiver (donc parce que je n'avais pas confiance en moi), au boulot pour me vider la tête (donc pour me forcer à me retrouver et prendre l'air, ce que je peux faire sans cigarette), après manger pour me sentir plus légère (car je culpabilisais d'avoir trop mangé) et en soirée pour me donner plus de prestance ou pour fusionner avec les autres fumeurs (vous voyiez, on on revient au manque de confiance).

Je fumais donc pour deux raisons principales : 1/ mon manque d'assurance et 2/ le besoin de me retrouver (soit d'arrêter de bouger tout le temps, de refouler des trucs, etc.). Et d'après un pharmacien et un médecin avec qui j'avais déjà discuté, c'est le cas pour la plupart des fumeurs !  

Pas besoin de patch ou autre substitut, c'est en réglant ces deux problèmes, pendant des mois de travail sur moi, que j'ai pu en arriver à me dire ce 24 août 2014 : "c'est le moment, ma cocotte ! Go, go, go !" D'ailleurs, je m'étais toujours dit qu'il fallait que j'arrête d'un coup. Car pour moi, la cigarette électronique (essayée pendant 4 mois), les patchs et autres chewing-gums (aussi essayés) n'étaient que cigarettes masquées en trucs moins nocifs, gentiment nommés "substituts".

La dernière cigarette

Ce début d'année 2014 avait été très riche pour moi. J'avais enfin réussi à mettre de l'ordre dans ma vie, à combler mes sentiments de vide en apprenant à lâcher ce que j'avais en moi, à m'écouter, à essayer, à me laisser le droit, à me laisser aller et à mettre des barrières avec les personnes toxiques. Ce 24 août, en vacances à Capbreton, j'ai donc senti que j'avais tourné une page, ou monté un niveau comme dans un jeu vidéo. J'avais le sentiment de tenir enfin les rênes de ma vie et j'en étais plutôt fière !

J'ai allumé une cigarette, comme je le faisais d'habitude après avoir déjeuné, j'ai respiré sereinement, pensé au fait que j'allais passer la semaine suivante chez mon père (qui a horreur que je fume). J'ai écrasé mon mégot sans me dire (comme je l'ai fait 10000 avant), "c'est la dernière". Mais avec, au fond de moi, la sensation que c'était bien le cas. Comme ça, pas de pression.

La première semaine : je gère

Seconde semaine de vacances à la mer, chez mon père cette fois. Tout le dimanche après-midi, un léger sentiment d'excitation et de fierté m'a envahie, comme si j'étais en train de démarrer une nouvelle aventure. J'ai eu envie de fumer mais je ne l'ai pas fait : la cigarette faisait déjà partie de "ma vie d'avant". D'ailleurs, c'est là que je me dis que c'est pas mal d'arrêter lors des vacances "grosses coupures", comme celles d'été ou de fin d'année : c'est là où on est le plus zen et où on fait le bilan.

En revanche, j'ai eu envie de fumer. Très envie. Le pire, c'était quand on allait  au café. Lorsque je voyais des gens qui fumaient autour, comme une grosse droguée, je humais leur fumée. Et c'est devenu de pire en pire. Envie de fumer. Au réveil, à la plage, au café, à table, le soir, la nuit. Oh oh. Ca allait être dur... Et ce n'était que le début. Car le dimanche, après 7 jours sans cigarette, je rentrais à Paris pour reprendre mon quotidien, mon boulot, mes soirées avec mes amis fumeurs, ma vie réelle. Arg.

La deuxième semaine : le constat du "je suis une droguée"

Je me suis mise à dormir très mal, alors que je n'ai jamais eu de problème de sommeil dans le passé. J'étais tout le temps sur les nerfs, pourtant tout allait bien dans ma vie. J'avais envie de manger (littéralement) des cigarettes, pourtant je savais que c'était dégueu. Je parlais de mon arrêt. Beaucoup. A tout le monde. A mon mec, à mes amis, à ma voisine et même à ma boulangère.

Je ne pensais qu'à ça. Je ne voulais que ça. Moins de libido, moins de self-control, beaucoup de fatigue. Ça me faisait peur. "Bon sang mais je suis vraiment une grosse droguée", me dis-je. Je me suis donc dis que je ne pouvais pas y arriver seule : j'ai commencé par télécharger sur mon téléphone toutes les applications possibles pour m'accompagner, avec le nombre de jours sans fumer, de cigarettes non fumées et d'économies réalisées qui s'affiche ! Wouhouuuu.

Il y en a une super bien, au passage :  Stop-Tabac, que je me suis mise à consulter frénétiquement plusieurs fois par jour... J'y ai appris des trucs sur la cigarette qui m'ont fait encore plus flipper, comme le fait que j'allais mettre 15 ans à retrouver des poumons à peu près sains... Gloups. Mais il vaut mieux commencer maintenant que jamais ! 

La troisième semaine : la désintox' à la dure

"GNIAAAA VEUX FUMER !!!! J'en peux plus. J'en peux plus. J'en peux plus !!!!" Dur à gérer. Envies dévorantes. Pas possible d'y arriver seule. Besoin de marquer le coup dans une vie plus saine, pour m'encourager. Du coup, j'ai acheté de l'Email Blancheur pour avoir un sourire Hollywoodien, je me suis mise à cuisiner des trucs sains, et j'ai décidé dans la foulée de me faire faire un check-up médical : j'ai pris rdv chez tous les médecins possibles : le généraliste, l'ophtalmo, l'ORL, la gynéco, le dermato,...

Je suis même allée même chez la vendeuse de médecine douce en bas de chez moi pour qu'elle me file des plantes et des huiles pour me lénifier ! J'ai perdu 100 euros (sans parler du coût de toutes mes consultations...) mais je m'en fiche. Comme on dit : "la santé, ça n'a pas de prix !.

Bilan : semaine chaud patate au niveau des nerfs...mais je la finis avec la confiance, le moral et la santé ultra-boostés ! Et heureusement...car la semaine suivante, mon courage allait être mis à rude épreuve.

La quatrième semaine : une épreuve difficile

Cette semaine-là, j'ai vécu une des étapes les plus difficiles à encaisser de ma vie. J'ai failli perdre une des personnes les plus proches de moi, dans des conditions assez épouvantables. J'étais effondrée, en mode épave. N'importe qui aurait compris que je me remette à fumer à ce moment-là. 

Pourtant, je n'ai pas touché à une seule cigarette. J'ai repensé à la phrase qu'on me sortait tout le temps : "Arrête de dire tout le temps que c'est pas le moment pour toi d'arrêter ! Ça ne sera jamais le bon moment !" "Ok", me suis-je dit tel Rocky Balboa, "je vais tenir bon".

Je vais même vous dire une chose :  j'ai encore moins eu envie de fumer. Car j'ai pris une nouvelle fois conscience que la vie était précieuse et qu'elle pouvait nous être ôtée à tout moment, bêtement, sans qu'on ne s'y attende. Plus que jamais, j'avais envie de prendre soin de ma vie qui, elle, continuait.

La cinquième semaine : envie de tour déchirer (en bien)

Lorsqu’une personne arrête de fumer, ce n’est pas toujours facile pour son entourage. Son humeur peut être momentanément difficile à supporter. Elle peut être nerveuse, agressive, triste… Pourtant, l’entourage joue un rôle important. De nombreuses études ont mis en évidence que les chances de parvenir à arrêter de fumer et à s’y tenir sont plus élevées si l’on bénéficie d’un bon soutien de la part de son entourage. Environ 40 % des ex-fumeurs disent que le soutien de leur entourage a favorisé leur réussite à l’arrêt.

Conseils pour soutenir une personne qui arrête de fumer

La personne qui fume tente de se délivrer d’une réelle dépendance et ces changements d’humeur sont, en fait, des symptômes de manque. Ce n’est pas toujours facile à vivre pour l’entourage : nervosité, mauvaise humeur… Voici donc quelques conseils pour le conjoint, la famille, les amis et les collègues du fumeur.

  • Une forte nervosité est la plupart du temps le signe d’un manque de nicotine. Conseillez alors à la personne qui arrête de fumer de contacter son tabacologue, son médecin traitant ou encore Tabacstop, afin d’envisager une solution pour atténuer les signes de ce manque, soit une médication  ou des substituts nicotiniques, mais avec un dosage adapté à son tabagisme, ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’ils sont pris spontanément.
  • Essayez de bien prendre soin de la personne qui arrête de fumer pendant cette période, d’être plus attentionné que d’habitude. Si elle exprime une forte envie de fumer, pensez à lui proposer une activité agréable (à faire ensemble éventuellement), afin de la détourner de cette envie. Aidez-la à réfléchir à des alternatives à la cigarette. Peu à peu, elle s’habituera à ces nouvelles activités.
  • Ne lui demandez pas sans arrêt « Tu n’as pas recommencé ? » mais demandez-lui plutôt comment elle se sent.
  • Ne la perturbez pas avec des généralités comme « Tu vas voir, tu vas prendre du poids » ou « On continue à en avoir envie toute sa vie ». Chaque personne est différente et ce style d’affirmation ne sert qu’à la démotiver.
  • Faites savoir à la personne qui arrête de fumer qu’elle peut compter sur vous et votre écoute.
  • Quand elle se décourage, rappelez-lui les motivations qui l’ont poussée à arrêter de fumer.
  • Faites de votre maison un lieu non fumeur : plus de cigarettes, plus de cendriers…
  • Si elle compense le manque de cigarettes par des graisses et sucreries, insistez sur le fait qu’il retrouve la sensation du goût ; conseillez-lui de manger des en-cas savoureux et sains: préparez-lui de bonnes soupes, des assiettes de légumes crus coupés à grignoter, des morceaux de fruits…
  • Surtout, félicitez-la. Dites-lui à quel point vous êtes content qu’elle ait arrêté de fumer, et encouragez-la à maintenir ses efforts. Essayez de l’encourager le plus souvent possible – et pas seulement pendant les premiers jours du sevrage – car cela l’aidera à maintenir un bon niveau de motivation tout au long de son combat contre la cigarette.
  • Et, pourquoi pas récompenser son arrêt en lui faisant un petit cadeau après une semaine, un mois ? Par exemple, lui offrir un restaurant, ou même un cadeau moins cher : un livre, une petite « babiole »…
  • Ne mettez surtout pas en doute sa capacité à réussir à arrêter de fumer. Ayez confiance en ses efforts pour se débarrasser de la cigarette.
  • Si la personne qui arrête de fumer est très nerveuse ou irritable, essayez de relativiser et de vous dire que cela ne va pas durer. Plutôt que de vous énerver également, aidez-la à se calmer et à se changer les idées : trouvez des activités à lui proposer et à faire avec elle, par exemple une promenade dans un cadre agréable Faites preuve d’empathie, essayez de vous mettre à sa place : pour elle, c’est comme quitter une personne amie de longue date. Aidez-la à l’oublier.

Si vous n’en pouvez plus de sa mauvaise humeur, de ses insomnies et de ses envies de craquer, soyez patient et positif. Dites-vous que cela va devenir de plus en plus facile de jour en jour. Ne prenez pas sa mauvaise humeur trop à cœur. Elle n’a rien à voir avec vous.  

Et surtout, ne lui dites pas : « Recommence à fumer si c’est pour te comporter comme ça ! Je te préférais avant… », comme on l’entend malheureusement trop souvent.

Oups, un  « faux pas » ! Comment réagir ?

  • Ne vous dites pas tout de suite « ça y est, c'est reparti ! ». Allumer une ou deux cigarettes n'a rien d'anormal pour quelqu'un qui essaie d'arrêter. Appréciez plutôt la période sanstabac qui a précédé cette re-consommation.
  • Aidez la personne à se souvenir des motivations qui l'ont poussée à arrêter. Et aidez-la à oublier cette re-consommation dès que possible.
  • Ne la culpabilisez pas. Faites-lui sentir que vous l’aimez comme elle est, avec ou sans tabac.
  • Mais il faut être vigilant. Une petite cigarette en amène généralement une deuxième, puis une troisième et très vite on peut retrouver la consommation antérieure. Conseillez-lui d’en parler avec son médecin, son tabacologue ou d’appeler Tabacstop pour éviter une vraie rechute.

Aïe, une rechute !

Les études montrent que la plupart des fumeurs ont besoin de faire plusieurs essais avant de parvenir à arrêter définitivement le tabac. Considérez la rechute comme une partie du processus, un apprentissage, et continuez à soutenir la personne.

Quelques conseils si une personne proche a recommencé à fumer :

  • Ne la jugez pas mais positivez.  Montrez que vous appréciez cette période sans tabac : « Tu as déjà arrêté X jours, semaines, mois. Ca compte… ».
  • Dédramatisez. Transformez l’échec en apprentissage. Rappelez-lui que l’arrêt du tabac se fait en plusieurs fois. Cette expérience peut l’aider pour l’arrêt suivant. Si elle réfléchit, avec vous par exemple, aux circonstances qui ont amené cette rechute, elle aura augmenté ses chances de réussite pour son prochain arrêt, car elle ne tombera sans doute plus dans les mêmes pièges. Pour devenir non-fumeur, il faut souvent du temps. Dites-lui : « Il est tout à fait normal d'avoir besoin de plusieurs tentatives pour réussir à abandonner le tabac. Regarde cette période où tu n'as pas touché une cigarette. La prochaine fois, tu tiendras le coup plus longtemps. »
  • Encouragez-la à réessayer. Les enquêtes révèlent que les personnes qui  rechutent font assez rapidement une nouvelle tentative pour arrêter de fumer.
  • Proposez-lui de contacter son médecin, son tabacologue ou d’appeler Tabacstop pour parler de cette rechute et relancer la motivation et l’arrêt tabagique.

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